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La Maison Solidaire est depuis 2017 un lieu d’accueil pour Jeunes Mineurs Non-Accompagnés. Des bénévoles et sympathisants de l’association donnent de leur temps pour accompagner dans des démarches administratives, de santé, dans leurs scolarités, ces jeunes qui ont fuit leurs pays pour trouver ici un espoir d’avenir meilleur. Rencontre avec Valentin Porte, président de TPC Maison Solidaire, aujourd’hui à 11h30 et 17h, rediffusions vendredi 13 Novembre à 13h et dimanche 15 à 8h15.

En écoute ici :

Ci-joint les communiqués publiés par la Maison Solidaire :

Communiqué du 30 octobre : Bonjour à tous, Nous arrivons au maximum de ce que nous pouvons faire pour les jeunes présumés mineurs en recours devant un Juge des Enfants, à Saint Etienne. Actuellement nous en accompagnons 44. Avec le COVID, plusieurs hébergeurs se sont désistés. Les jeunes dans des appartements prêtés doivent également les quitter car les propriétaires/locataires, rentrent chez eux. A cela s’ajoutent des décisions de justice confiant les jeunes à d’autres départements, sans que personne ne s’occupe de leur transfert, si ce n’est nous, cela pouvant prendre plusieurs semaines… La semaine dernière, nous avons écrit à la cheffe de cabinet de Mme la Préfète pour demander un rendez-vous, notre mail est resté sans réponse. Il y a 5 jours, le groupe local EELV a écrit à notre demande à M. le Maire et M. le Président du département pour alerter sur la situation, lettre restée sans réponse. Tout comme d’autres groupes, constitués d’élus locaux et régionaux depuis des mois, n’ayant reçu aucune réponse. Nous avons depuis trois jours alerté département et services préfectoraux par l’intermédiaire du « Collectif pour que Personne ne Dorme à la Rue », dont font partie La Cimade, la LDH, RESF, (et bien d’autres), mais restons sans réponse. Le procureur a également été informé de la situation ce jour, on peut espérer, (un peu), une réaction… Si rien n’est proposé, trois solutions :- Laisser une partie des jeunes à la rue, sans solution, – Payer des nuits d’hôtels, une fortune, nous n’avons pas l’argent pour, il faudrait 2 232 euros mensuels au minimum pour seulement quatre jeunes…- Allez, tous ensemble, jeunes et hébergeurs, planter des tentes devant le conseil départemental, à l’heure actuelle, nous nous retrouverions plus d’une centaine. Cependant, nous ne nous résoudrons pas, en pleine période de COVID, à créer un camp de tentes qui mettrait les jeunes, les bénévoles et les autorités qui seraient amenées à intervenir sur le campement, en danger. Alors même que nous rédigeons ce communiqué, trois jeunes non reconnus par le département sonnent à notre porte. 15 ans, 16ans, 16ans. En ce début de confinement le département donne donc le ton, ils ne prolongeront pas l’hébergement des jeunes jusqu’à ce qu’ils puissent voir un juge des enfants. Leur notification de refus est daté d’aujourd’hui.Ce soir c’est la première option que nous avons dû adopter. Les laisser dehors, sans solution…Nous avons relevé leur identité, donné pulls, bonnets, gants, écharpes et couvertures, et renvoyé sur le bistrot social, désolé de devoir laisser à la charge des équipes du bistrot la responsabilité de mettre ces jeunes dehors lorsqu’ils fermeront.Nous apprenons à l’instant par la personne qui a accompagné les 3 jeunes au bistrot social qu’ils allaient eux mêmes nous appeler pour un autre mineur, lui aussi mis dehors du département aujourd’hui. Alors que l’on nous demande de ne pas sortir, et que les températures baissent, nous ne pouvons rester sans réagir face à la situation de ces jeunes. La crise sanitaire exige que les institutions prennent une part de responsabilité en cessant de nous dire que les jeunes ne relèvent pas de leurs compétences. Depuis 2017, nous n’avons cessé d’être un « fusible », en permettant aux jeunes d’avoir un toit et d’accéder à leurs droits, tout en proposant des solutions dignes et raisonnées aux institutions, auxquelles nous n’avons jamais reçu de réponse.Le 115, les travailleurs sociaux du département et des associations mandatées pour s’occuper de ces jeunes n’ont cessé de se reposer sur nous, l’ensemble de ces acteurs ont d’ailleurs reconnu à plusieurs reprises le sérieux et la nécessité de nos activités, sans que leurs hiérarchies ne nous donnent les moyens de les mettre en œuvre. Entre juillet 2019 et mai 2020, le département a laissé à notre charge des dizaines de jeunes reconnus mineurs, par ses propres services ou par les juges pour enfants, sans qu’à ce jour nous n’ayons été indemnisés pour ces prises en charge. Aujourd’hui, sans réponse.

Bien à vous tous, prenez soin de vous, des autres, de vos proches particulièrement. Pour le CA TPC Maison Solidaire Le président.

A Saint Etienne,
Le 06 Novembre 2020

Mesdames, Messieurs les Élus, journalistes, bénévoles et sympathisants :
Suite à notre communiqué du vendredi 30 octobre que nous vous joignons ci-dessous, relayé plus de 15 000 fois, il semble que nous n’ayons toujours pas été entendus.
Effectivement, après les quatre sorties des dispositifs de mise à l’abri du département au premier jour du confinement, six autres jeunes se sont vus signifier des fins d’hébergement cette semaine. A ce jour, quatre d’entres eux ont disparu dans la nature, un s’est fait agressé et volé l’ensemble de ses affaires dans la nuit de mercredi à jeudi alors qu’il dormait à la gare, un dernier s’est maintenu dans son hôtel, les gérants ayant pris pitié, avant que le lendemain matin il lui soit demandé de quitter les lieux.
Alors que le COVID fait rage, faisant de notre ville la plus touchée de France, comment peut on tolérer que des jeunes présumés mineurs jusqu’à une décision judiciaire puissent être livrés à eux mêmes et vecteurs de la circulation du virus, en particulier quand on sait que plusieurs structures d’hébergement accueillent des jeunes positifs au Coronavirus.
Le profil de ces jeunes sortant des dispositifs nous choque particulièrement. Parmi ceux que nous avons dû héberger depuis vendredi, 3 se déclarent de 2005, un de 2006. Plusieurs d’entre eux ont des documents ou des photos de documents d’état civil, certains légalisés par les autorités dans leurs pays d’origine.
Nous ne sommes ni la police, ni la justice, il ne nous revient pas de juger si ces jeunes sont bien nés à la date qu’ils indiquent. Cependant, après trois ans d’accueil et d’accompagnement, nous pouvons dire qu’il y a de très fortes chances qu’ils aient bien moins de 16 ans, et encore moins qu’ils soient majeurs.
Ces situations nous poussent à réitérer nos demandes aux institutions, à quelques jours de probables mesures de durcissement du confinement, nous ne pouvons accepter et laisser faire.
Comme lors du premier confinement, l’État se doit d’enjoindre au préfet d’organiser une juste répartition de ces jeunes entre le département et les services du 115 jusqu’à la fin du confinement.
Plus largement, nous appelons, ENFIN! à une prise de conscience du gouvernement sur la prise en charge des MNA en période de recours devant un juge des enfants, qui doivent être regardés comme tels jusqu’à ce qu’ils puissent exercer leur droit au recours.
Également, à une refonte du dispositif d’évaluation de la minorité qui dysfonctionne et permet la remise à la rue de jeunes incontestablement mineurs, mettant travailleurs sociaux, jeunes, auxiliaires de justice et bénévoles dans des situations inextricables.
Pour le CA TPC Maison Solidaire
Le Président

Catégories : local

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